Actualités

Suivre le Christ dans les pas de saint François d’Assise : une voie de pauvreté et de fraternité

Le premier mot de notre article est un verbe, « suivre », qui appelle à un mouvement, un déplacement, un sortir de soi. Ce verbe dans son action a des exigences, celle de venir derrière quelqu’un ou quelque chose, celle de se conformer à quelqu’un ou à quelque chose.

En effet, suivre le Christ, c’est venir derrière Lui en se conformant à sa vie par le vécu de sa Parole, l’Évangile. Saint François d’Assise a compris cela à son époque et il s’est donné une règle de vie. Suivre le Christ pour François, c’est entrer dans une manière de vivre l’Évangile qui unit inséparablement pauvreté, humilité et fraternité. François ne propose pas d’abord une doctrine abstraite, mais un chemin de conversion concrète : se laisser configurer au Christ pauvre et crucifié, afin de devenir frère de tous. Pour lui, la vie chrétienne n’est pas une simple adhésion intellectuelle, mais une imitation vivante du Christ dans le dépouillement, le service et l’amour. Cette orientation est résumée dans le retour radical de François à l’Évangile et dans son refus des logiques de domination et de possession. (Cf. Vita Prima 14-15)

Suivre le Christ Pauvre pour François exprime une liberté intérieure, un détachement du pouvoir et une confiance totale en Dieu. C’est tout quitter pour suivre le Christ (Cf. Mt 19, 16-22). La pauvreté évangélique n’est donc pas une fin en soi, elle ouvre à une disponibilité plus grande envers Dieu et envers les autres. Dans cette perspective, le pauvre n’est pas seulement celui qui manque de biens, mais celui qui vit dans l’accueil, la dépendance confiante et l’abandon filial. La vie simple et pauvre nous ouvre à l’accueil de l’autre pour une vie en fraternité. Ainsi donc, François découvre dans chaque être humain un frère ou une sœur, parce que tous sont appelés au même amour divin. Son attention aux lépreux, aux petits et aux exclus manifeste une vision profondément chrétienne de la dignité humaine. En eux, il reconnaît le visage du Christ humilié et souffrant. Par conséquent, suivre le Christ conduit nécessairement à aimer ceux qu’il a rejoints dans leur fragilité et leur marginalité.

Aujourd’hui encore, l’héritage spirituel de François demeure d’une grande actualité. Dans un monde marqué par l’individualisme, la compétition et l’accumulation des biens, François rappelle que le chrétien est appelé à vivre autrement, dans la sobriété, la relation et la paix. Suivre le Christ avec François, c’est donc apprendre à renoncer à soi-même pour mieux accueillir Dieu, et à se faire frère pour mieux servir l’humanité. Avec François, suivre le Christ, c’est tout quitter.

Article rédigé par sœur Marie KOUTCHIEGUE LARE

S'abonner à la newsletter

Vous pourrez vous désinscrire à tout moment