Une fraternité vécue en famille franciscaine
C’était le week-end du 1ᵉʳ et 2 août 2026, à l’ermitage franciscain de la Cordelle.
Au pied de la basilique de Vézelay s’élève la Cordelle. Fondé en 1217 à mi-pente de la colline éternelle, cet ermitage — première implantation franciscaine en France — est aujourd’hui habité par trois frères. Ils y vivent au cœur de notre spiritualité.
Un lieu chargé de sens
Le lieu s’imposait pour fêter les 800 ans de la mort de saint François et la fécondité de son charisme.
Fêter un jubilé — le dernier pour la famille franciscaine ! — mais de quelle manière ? En enfilant ses baskets ! De Taizé, de Nevers et d’ailleurs, six caravanes de la paix se sont élancées sur les routes en direction de la Cordelle. Au programme : itinérance et providence.
Ces caravanes réunissaient les membres de la Jeunesse franciscaine et de l’OFS (Ordre Franciscain Séculier), des frères franciscains, et de nombreuses sœurs :
- les Petites Sœurs de Saint François d’Assise ;
- les Franciscaines Missionnaires de Marie ;
- les Clarisses de Cormontreuil ;
- les Sœurs de Saint François d’Assise.
Tous ensemble, ils ont vécu un temps fraternel, une veillée pour la Paix, puis la messe télévisée du Jour du Seigneur.
L’itinérance : cheminer avec le Christ
Frères, sœurs, comment vivre un tel engagement toute une vie durant ? Dans l’itinérance, le don, la gratuité, la paix ?
Sur les routes, les caravanes de la Paix ont parcouru entre 180 et 200 km pour rejoindre la Cordelle, sans lieu où dormir, sans provisions pour se nourrir. Ce choix n’est pas anodin : il va à contre-pied d’un mode de vie de trop-plein, mais aussi d’une culture du chacun-pour-soi et de l’indépendance. Il faut sortir de soi : mendier un peu de pain (ou des boîtes de conserve ), un carré de pelouse pour planter sa tente, mais surtout accueillir cet autre, cet inconnu qui nous ouvre son toit, un peu de son cœur — ou qui, parfois, nous ferme sa porte.
Le regard de trois sœurs
Le jubilé, pour les Sœurs de Saint François d’Assise, avait commencé plus tôt : un matin frais au départ de la fraternité de Fontenay-sous-Bois, un café bien matinal, un lever aux aurores — et la route vers Vézelay.
Les sœurs Élisabeth, Victoire et Odile, de l’Institut, étaient présentes à l’arrivée des pèlerins, rejoignant les caravanes missionnaires. La joie de retrouver des visages connus et d’en découvrir de nouveaux, tous rayonnants malgré les kilomètres parcourus.
« Ce que je peux vous dire, c’est que c’est une joie que de vivre ce jubilé en famille franciscaine ! Au temps de François, malgré les guerres, les croisades, le Poverello a toujours marché vers la paix. » — Sœur Odile (Togo)
« Je ne m’attendais pas à voir un si grand nombre de jeunes, de différentes personnes venues de tous horizons pour vivre ce jubilé ensemble. Je suis émerveillée de voir nos sœurs clarisses, nos sœurs franciscaines. » — Sœur Victoire (Togo)
« Magnifique rencontre en famille, joie de se retrouver, de vivre un grand moment de communion, de célébration et de mémoire : c’est un beau cadeau ! Merci Seigneur ! » — Sœur Élisabeth (Toulouse)
Ce que nous fêtons
On ne fête pas ici une mort : saint François contemple déjà la gloire de Dieu au Paradis. Ce que nous célébrons, c’est la fécondité de ces huit siècles — l’ouverture à la vie que Dieu nous donne, dans sa création et à travers nos frères et sœurs franciscains.
Article rédigé par Quentin RUAUD, chargé de communication