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Sœur Raymonde a fêté ses 100 ans : une vie donnée à Dieu et aux autres

À l’occasion de son centième anniversaire, Sœur Raymonde a accepté de revenir avec nous sur près de 80 ans de vie religieuse, entre la France et l’Afrique.

« Je vais assez bien pour l’âge que j’ai ! »

Comment allez-vous, Sœur Raymonde ?

Je vais assez bien pour l’âge que j’ai ! Maintenant, bien sûr, je ne travaille plus comme infirmière à domicile — je suis sans doute un petit peu trop âgée.

Combien d’années de vie religieuse cela représente-t-il ?

Je suis entrée en vie religieuse à 21 ans, en 1947. Cela fait donc 79 ans de vie religieuse.

Un appel né d’un voyage

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir religieuse ?

Mes parents ne voulaient pas que je parte si vite de la maison, car ma petite sœur était déjà entrée en vie religieuse. Ils voulaient me garder à la ferme, pour les aider.

Un jour, j’ai dû accompagner ma petite sœur religieuse en train jusqu’à Rodez, et je suis restée quelques jours à la maison des sœurs là-bas. Ce qui m’a attirée, c’est surtout la relation avec les gens, le fait de pouvoir parler avec eux. À Rodez, je me suis entretenue avec la responsable et lui ai fait part de mon désir d’être religieuse et infirmière. Elle m’a guidée dans ce but.

C’est seulement l’année de mes 21 ans que mon père a accepté mon entrée chez les franciscaines.

Deux séjours en Afrique, une vie de dévouement

Quelles ont été vos missions ?

Étant sœur missionnaire, j’ai fait deux séjours en Afrique, à Lomé : le premier de 1959 à 1964, le second de 1970 à 1995.

J’ai travaillé à la pouponnière de Lomé pendant les cinq premières années, puis au CHU lors de mon second séjour. J’ai même inauguré la pouponnière de Lomé : la première année, j’avais 20 enfants de 0 à 2 ans ; la deuxième année, j’en avais 40. J’avais du travail, mais j’avais aussi beaucoup de monde pour m’aider.

Au début, tous mes déplacements se faisaient à vélo ! Quelle surprise de découvrir un beau jour une 2CV dans le jardin de la fraternité : un ami de la communauté avait estimé qu’il serait plus pratique pour nous de nous déplacer en voiture. Seulement, je ne savais pas conduire… Alors on m’a aidée, et j’ai appris à conduire !

La vie en communauté, entre épreuves et fraternité

Avez-vous traversé des périodes difficiles ?

Ma supérieure m’accompagnait bien sur le plan spirituel, et heureusement, de nombreux amis nous ont entourées lorsque j’étais en fraternité à Lomé. En Afrique, nous étions 7 ou 8 au départ, puis petit à petit, nous nous sommes agrandies.

La vie en communauté n’est pas forcément facile. Il faut savoir ce qu’on veut, il faut s’entendre entre sœurs — parfois on n’est pas toujours d’accord. Il faut faire attention à ce qu’on fait et à ce qu’on dit. Mais en revanche, on est toujours accompagnée, en fraternité, entre sœurs ou avec la supérieure.

Le choix de saint François

Pourquoi avoir choisi saint François ?

Mon profond désir, c’était d’abord de rendre service aux gens, d’aider les pauvres en immersion dans le monde : les rencontrer.

Une prière qui rythme les jours

Une prière qui vous accompagne ?

Je suis très attachée à la messe et au chapelet : c’est tous les jours, grâce à KTO. Attention seulement à ne pas oublier de brancher la télévision !

Propos recueillis et mis en forme par Quentin RUAUD, chargé de communication

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