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Le 1er février 2010, Soeur Françoise Schill, responsable du Service Vie Internationale de la CORREF (Conférence des Religieux et Religieuses de France) reçoit l'insigne de Chevalier de La Légion d'honneur.    
Discours de Monsieur Stéphane CHMELEWSKY                               Chère Sœur Françoise,                             Par décret du 14 juillet 2009, vous avez été nommée chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur sur le contingent du le Ministre de l’Intérieur, chargé des cultes.               Pourquoi Madame ALLIOT-MARIE, aujourd’hui Ministre de la Justice, a-t-elle cru bon de vous faire conférer cette distinction ?               C’est que vous vous êtes attirée à ses yeux des mérites dont je vais m’efforcer de dénombrer les principaux.               Leur accumulation commence tôt. Comme votre nom ne l’indique pas –ce n’est pas moi, avec celui que je porte, qui vous en ferai reproche- vous êtes une vraie parisienne. C’est à Paris que vous avez étudié et fréquenté la faculté des Sciences.        A vingt ans, vous devenez membre de la congrégation des Sœurs de Saint François d’Assise, dans leur établissement de Rodez. Six ans plus tard, vous exercez les fonctions d’éducatrice spécialisée au sein de l’association Notre Dame de Pitié dans le Lot et Garonne. Vous y serez successivement, chef de Service éducatif, puis administrateur. Vous l’êtes encore à ce jour, ce qui montre combien ce travail auprès de jeunes handicapés mentaux profonds a tenu et tient encore une grande place pour vous.               Vous gagnez ensuite Toulouse où vous poursuivez des études de théologie et où vous assumerez les fonctions d’animatrice, puis de directrice de l’Institut d’Etudes Religieuses et pastorales au sein de l’Institut Catholique.               C’est à la demande de votre congrégation que vous quittez Toulouse au bout de six ans pour prendre les fonctions d’Econome Générale, à Montpellier. Vous allez rester dans ce poste pendant dix-huit ans et, compte-tenu de ce que cela a représenté pour vous personnellement, compte-tenu aussi de la lumière que cela peut nous apporter sur les raisons qui font que vous avez mérité cette décoration, je vais m’y arrêter un tout petit peu plus de dix-huit secondes.               Econome : voilà un mot qui sonne laid, poussiéreux, et qui contient quelque chose de borné. Comment vous, Sœur Françoise, avez-vous fait l’Econome dans votre congrégation, ou, pour être plus précis, comment concevez-vous une semblable tâche ?               On voit assez bien la rigueur administrative et financière qu’exige l’économat d’un Institut qui comprend aujourd’hui 600 religieuses réparties sur 2 continents. Mais pour vous, Sœur Françoise, si être une bonne comptable des avoirs de la Congrégation est important, l’essentiel est ailleurs : il est de veiller constamment à ce que les moyens financiers soient employés dans la finalité qui est celle de la Congrégation et de l’Eglise. Or, la Congrégation, comme l’Eglise, ne sont pas « hors sol », comme on le dit de ces légumes ou de ces fruits que l’on fait pousser au dessus de la terre. Et donc, votre premier souci est de creuser cette terre, de la retourner, de trouver la meilleure place où les projets et les réalisations de votre Institut vont pouvoir s’enraciner. Cette conception vous a donc confronté, pendant dix-huit ans, aux milieux les plus divers, en France comme à l’étranger. Ces milieux vous les abordez comme ils sont et non pas comme vous voudriez qu’ils fussent. Vous les traitez comme des partenaires même si leur approche du monde n’est pas la vôtre. Aujourd’hui, nombre de dispensaires, maisons de retraites, associations témoignent de la pertinence de l’action sociale et sanitaire menée par votre congrégation, à la mise en œuvre de laquelle vous avez participé.               Après ce qui vient d’être dit, chacun comprendra le bonheur qui a été celui des représentants de l’Etat, et le mien en particulier, lorsque, mandatés par l’Instance de Dialogue entre l’Eglise et l’Etat, nous avons entamé, ici-même, avenue de Breteuil, la mise au point d’un formulaire unique de demande de visa pour les étrangers invités en France par l’Eglise, travail au cours de laquelle vous avez été, Sœur Françoise, un interlocuteur de premier ordre pour les fonctionnaires des ministères concernés : Affaires Etrangères et Européennes, Intérieur et Immigration.               La connaissance du terrain acquise à la Conférence des Religieux et Religieuses de France, au sein de laquelle vous occupez désormais des questions d’accueil international, vous permet en effet de réunir des données sur les entrées sur le territoire national des invités, à quelque titre que ce soit, des congrégations religieuses, ceux là -même dont, par nature, l’admission en France pose le plus de problèmes. Le soin et l’intelligence prospective avec laquelle vous rapportez ces données aux cas, à l’époque, si nombreux, de refus de visas, a engendré l’ossature même de ce « formulaire unique ». La majorité des petites cases de ce formulaire conçues pour être renseignées par les évêques ou les supérieurs ou supérieures de congrégation, pressés par leurs obligations pastorales et peu au fait des subtilités administratives, est née de votre mémoire des cas difficiles.               Au soir de ma carrière, j’ai participé à nombre de négociations, en France et dans le vaste monde. Je vous assure que celles qui sont les plus ardues ne le doivent pas toujours aux divergences entre les points de vue, mais à la mauvaise connaissance ou à la connaissance floue – voire même à l’absence de connaissance - des dossiers défendus.               En ne tombant pas dans cette ornière, les équipes de la Cellule d’accueil du Secrétariat Général de la Conférence des Evêques de France, ont ainsi su et pu profiter pleinement de ce moment de grâce –c’est ce qu’on appelle dans le jargon de l’Etat un créneau ou une fenêtre d’opportunité- pendant lequel il a été possible de travailler dans l’esprit du discours prononcé le 20 décembre 2007 par le Président de la République au Palais du Latran.               Sœur Françoise, Père Pierre-Yves PECQUEUX, Père Jean FORGEAT, et vous, Monseigneur HEROUARD, il ne convient cependant pas d’en rester là et de regarder avec une satisfaction justifiée le « formulaire unique » fonctionner à notre satisfaction commune. Certes les invités de l’Eglise de France ont sans trop de peine des visas pour rentrer sur le territoire, mais il s’agit maintenant de savoir si un titre de séjour unique, ou plus ou moins normalisé, peut être élaboré à leur intention.               Déjà , Sœur Françoise, vous avez nourri ce nouveau débat avec des éléments que personne d’autre que vous-même n’était en mesure de rassembler. Les fonctionnaires de l’Etat chargés du dossier vous ont écouté avec un intérêt passionné. Ils prennent conscience progressivement que l’enchevêtrement des règles administratives conçues pour des situations ou des cas de figure qui sont étrangers à ceux rencontrées par l’Eglise en France exige beaucoup d’imagination et de bonne volonté pour être dénoué.               Sachant toute l’aide que vous avez apportée à la mise en place du « formulaire unique », je ne doute pas un instant que vous contribuerez de façon majeure à l’élaboration de la moins mauvaise formule d’autorisation de séjour dans la meilleure des républiques Françaises possibles. En agissant ainsi, vous demeurez pleinement fidèle à  votre vie consacrée tout en illustrant magnifiquement la mise en pratique du concept de laïcité positive. Dans le dialogue entre l’Eglise et l’Etat dont nous sommes les humbles exécutants, ni vous ni nous n’avons jamais admis qu’il était trop tard ou inutile, quelque soit l’obstacle, de rechercher ensemble des solutions, dans le respect mutuel de la sagesse de chacun. Merci d’avoir été dans tout cela, par votre posture, une source d’encouragement et un appel à la persévérance.          Discours et remerciements de Soeur Françoise Schill Je n’ai qu’un seul mot à dire merci,  A vous Monsieur d’abord pour l’honneur de cette décoration que vous venez de me remettre et la chaleur des paroles que vous venez de prononcer Si vous le permettez, j’aimerai en ajouter beaucoup d’autres Envers ma famille d’abord bien représentée ce soir, merci à Jean-Pierre le musicien qui se prête de si bonne grâce et en toutes circonstances ; A mes frères qui m’ont toujours entourée et soutenue dans les heures lumineuses et aussi dans les heures plus sombres. Merci à vous tous, mes amis d’hier et mes amis d’aujourd’hui, qui êtes là  ce soir. Mais l’éloge d’un seul ne suffit pas pour dire le travail de tous. Jean et Pierre Yves Je me retourne vers vous. Pierre-Yves tu as pensé, porté et voulu la nécessité de la cellule d’accueil au sein de l’Eglise de France.  La CSM devenue CORREF engagée avec toutes les congrégations missionnaires et internationales qui sont représentées ici ce soir ne pouvaient que rejoindre cette instance pour y être des partenaires actifs. Notre collaboration y est forte, franche et vive à la mesure des convictions qui nous animent. Comme vous l’avez souligné Monsieur, le travail n’est pas fini et d’autres dossiers s’ouvrent devant nous. J’ose espérer que les analyses que nous partageons, dans la collaboration avec vous messieurs, qui représentez ici les instances ministérielles, contribueront à construire une société accueillante à la diversité. Au sein de l’Eglise Nous partageons cette intuition : Que tous ceux « acteurs de la mission venus d’ailleurs » qui viennent nous rejoindre dans les diocèses et dans nos communautés sont nos frères et nos sœurs accueillis comme tels. L’Eglise est riche de leur présence comme peuvent le dire tous ceux et celles qui sont là ce soir au nom des organismes si divers qui balayent le champ de la mission universelle de l’Eglise y compris dans ses insertions économiques.  La multiculturalité est un fait de société. Là , l’Eglise est attendue comme témoin. Témoin que cette expérience multiculturelle à laquelle nous contribuons chacun à notre place est un chemin d’enrichissement réciproque, et j’ose le dire en évoquant François d’Assise avec mes sœurs ici présentes c’est un chemin qui appelle chacun et chacune de nous à devenir des « artisans de Paix »
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