|
S'il est toujours difficile de définir une spiritualité au risque de réduire en concepts ce qui est Don et créativité de l'Esprit, il est cependant possible d'évoquer quelques traits particuliers de l'esprit franciscain.                              | |
Désirer Dieu, le louer et vivre dans l'action de grâce et dans la joie St François et Ste Claire étaient des êtres de désir, en quête de Dieu et de sa volonté. Saisis tous deux par le Christ, leur vie de prière est adoration du Mystère même de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit et du mystère du Salut.
La prière franciscaine est louange pour tous les biens reçus de Dieu, pour l'immense amour dont nous sommes aimés, pour Dieu vulnérable et pauvre qui est venu nous rejoindre dans notre humanité.  François recommande à ses frères de se montrer " joyeux dans le Seigneur, gais, aimables et gracieux ". De même Claire recommande à Agnès de Prague : " Réjouis toi toujours dans le Seigneur et ne permets à aucune amertume de venir assombrir ta joie ". La joie qui éclate chez l'un et l'autre provient de cette conscience aiguë d'être aimés et comblés par Dieu. C'est malade et aveugle que François écrit le magnifique Cantique des Créatures, cri d'admiration et de louange pour l'œuvre de Dieu. Et c'est mourante que Claire s'écrie : " Béni sois-tu, Seigneur, de m'avoir créée. "  Vivre en frères et sœurs de tous          | Très rapidement, des compagnons viennent rejoindre François et demandent à partager la même vie. Chacun est accueilli comme un don de Dieu et les fraternités naissantes deviennent le lieu où se vérifie et s'enracine l'amour pour le Christ.  Le témoignage de la vie fraternelle revêt une importance prioritaire dans la vie franciscaine parce que François a conçu une fraternité universelle. Il se voulait “le frère de tous”. La vie fraternelle franciscaine est empreinte de simplicité dans le mode de vie humble et pauvre, dans les relations, de joie partagée, de spontanéité, et d’ouverture aux autres. |      En mineures Précisant l'esprit qui doit régner entre les frères, François rappelle que " aucun n'a de pouvoir sur ses frères... Tous doivent se considérer comme mineurs et se mettre au service les uns des autres, se laver les pieds..". Il en est de même pour Claire qui " se faisait la moindre de toutes les soeurs, les servant ".  | |
| Dans la proximité et le service avec les petits et les humbles, à l’aise avec tous. Vivre de l'esprit franciscain, c'est être attentif aux humbles, aux pauvres, aux marginaux, à ceux qui ne peuvent faire entendre leur voix. Dans l’accueil bienveillant et l’effort de compréhension des autres cultures, des autres confessions chrétiennes (œcuménisme), et des autres traditions religieuses. C’est une conséquence de la fraternité universelle, mais aussi une attitude propre à François et à ses frères et sœurs. |
En pauvresClaire et François d'Assise ont les yeux fixés sur le Christ et sont bouleversés par la découverte d'un Dieu qui s'est montré aux hommes vulnérable, pauvre et méprisé. Aussi, ils ont souhaité " suivre la vie et la pauvreté de Jésus Christ ". Pour eux, pauvreté et simplicité sont source d'une grande liberté : " plus d'obstacle, plus de barrière, plus d'écran... ". Ils n'ont " d'autre désir, d'autre volonté, d'autre joie que d'aimer, louer, adorer le Seigneur ".     | 
|
| Artisans de paix Dès les débuts de l'ordre, François envoya ses frères annoncer deux par deux l'Evangile. A tous ceux qu'ils rencontraient, François leur demandait de dire : " Que le Seigneur vous donne la paix ". Sans richesses, ni pouvoir, ni ambitions, François et ses frères voulaient être artisans de paix et de réconciliation avec Dieu, avec les hommes, avec toute la Création. |           | | | Partout où François passait, il exerçait la miséricorde et apaisait les conflits, partout il annonçait la paix. Même dans les pires conflits, même dans les situations de violence, même lorsqu’il semble n’y avoir aucun espoir d’aboutir. La miséricorde s’exerce particulièrement dans l’accueil bienveillant et compréhensif des pécheurs, sans jugement de condamnation. Dans le monde très dur et âpre dans lequel nous vivons, cette attitude est évangélique, remarquée, et même attendue des frères et sœurs de St François. Vivre de l'esprit franciscain, c'est être des hommes et des femmes voués à la réconciliation. |
L’admiration pour la CrĂ©ation, et le souci de la prĂ©server.  Fr. Hermann SchalĂĽck, ancien Ministre gĂ©nĂ©ral des Franciscains, lors d’une confĂ©rence qu’il a faite Ă la ConfĂ©rence EuropĂ©enne des SupĂ©rieurs religieux disait : “Quand la vie du monde et l’avenir du monde et du Cosmos sont en jeu, alors on ne peut sĂ©parer la foi et le monde, la RĂ©demption et la libĂ©ration, le service de Dieu et le service rendu Ă un avenir digne de l’humanitĂ©. C’est lĂ un dĂ©fi particulier pour les Instituts religieux...”  Il ne s’agit pas de sensiblerie, ni d’admiration bĂ©ate qui ignorerait les difficultĂ©s du monde et l’aspect ambigu de bien des rĂ©alitĂ©s matĂ©rielles. Il s’agit de rendre grâce Ă Dieu pour son Ĺ“uvre crĂ©atrice, en respectant cette Ĺ“uvre et en la finalisant au service de l’humanitĂ©. Il s’agit d’inviter nos contemporains au respect et au bon usage des rĂ©alitĂ©s créées. Cela ne peut se faire sans engagements personnels et communautaires, sans le soutien d’une politique du respect de la nature et du partage des richesses de ce monde, au bĂ©nĂ©fice de tous, y compris des hommes Ă venir. Â
Sources : Chapitre des Nattes de la Famille franciscaine 2006 et conférence du Frère Luc Matthieu au Chapitre général des Soeurs de St François 2008
|